Jacob Roy

Sans Goût

Depuis mon plus jeune âge, la maison de mes amis représentait pour moi une aventure. Un endroit différent, étrange où l’on me permettait de rester quelque temps, comme intrus. C’était un défi pour moi, de quitter mon doux lit familial, mais au fil des sorties j’y pris goût. Cette maison devenait dès lors un endroit passionnant, plein de surprises et où je me plaisais.

Maintenant fort de réflexions, il faut que je remarque l’évidence.

La maison est empreinte d’une douceur chaotique. Tout est calme, et presque accueillant, mais rien n’est bien réfléchi.

Les bibelots, les plantes simples, les couleurs pâles. Tout est là pour plaire bêtement, sans cohésion.

Un voile de nonchalance bordélique est appliqué systématiquement à tous les objets qui occupent le sanctuaire.

Le stéréotype fade règne en maître dans ce monde du premier regard.

Chaque choix a été fait en fonction d’un attrait particulier, sans regarder le tout.

Dans des amoncellements épars, les possessions insipides nous regardent, sans trop savoir comment réagir. Perdues dans la masse, des semblables se font acheter. Vive l’oisiveté.